Sénégal : la microfinance islamique au cœur de la souveraineté économique


Rédigé le 22 Avril 2026 à 18:14 | 0 commentaire(s) modifié le 22 Avril 2026 20:27

Ndakhté M. GAYE est un journaliste d'investigation engagé dans le suivi citoyen des obligations… En savoir plus sur cet auteur

EMA - Le Fonds de développement de la microfinance islamique (FDMI) a été officiellement lancé hier en partenariat avec la Banque islamique de développement (BID).


Le Sénégal a franchi une étape majeure dans sa marche vers une économie inclusive et éthique. Le 21 avril 2026, sous la présidence du ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, s’est tenu le lancement officiel du Fonds de développement de la microfinance islamique (FDMI), en partenariat avec la Banque islamique de développement (BID).
 
Ce lancement marque la concrétisation d’une vision politique audacieuse : celle d’un Sénégal qui puise dans ses valeurs éthiques pour placer l’humain au cœur du développement. Le FDMI s’inscrit dans le cadre de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050, qui ambitionne une croissance de 6 à 7 % du PIB et un triplement du revenu par habitant — une croissance qui se veut partager et inclusive.
 
Un instrument de justice sociale et de résilience
 
Le ministre a rappelé que la finance islamique, fondée sur le partage des risques et l’économie réelle, constitue une alternative crédible pour les populations exclues du système bancaire classique. Le FDMI, héritier du programme PROMISE, a été restructuré pour garantir transparence, efficacité et gouvernance rigoureuse.
 
Le Fonds se positionne comme un outil de justice sociale, travaillant en synergie avec les institutions de microfinance et les dispositifs de l’État dans le cadre du Pacte pour l’inclusion financière universelle (PACTIFU). Objectif : mailler le territoire, soutenir les entrepreneurs ruraux et urbains, et freiner l’exode rural par la création de valeur locale.
 
Une gouvernance exemplaire et une ambition continentale
 
L’administrateur général du FDMI, dans son allocution, a souligné la vocation du Fonds à devenir un pôle régional de référence en matière de microfinance islamique inclusive. Doté d’une autonomie de gestion et d’une gouvernance transparente, le FDMI repose sur trois piliers :
 
un Conseil de surveillance présidé par Papa Layty Ndiaye ; un organe exécutif chargé de la mise en œuvre opérationnelle ; un Conseil de conformité interne (Sharia Board) garantissant la conformité aux principes de la charia.
 
Le Plan stratégique 2026–2030 prévoit la mobilisation de 200 milliards FCFA pour refinancer les IMF partenaires et financer 300 000 projets productifs, générant autant d’emplois décents. Une ambition qui traduit le passage de l’inclusion financière à l’inclusion économique, et de l’assistance à l’autonomisation durable.
 
Un appel à la solidarité et à l’action
 
Les discours convergent vers un même appel :
 
aux institutions de microfinance, pour diversifier leurs offres islamiques ; aux jeunes et aux femmes, pour s’organiser en coopératives productives ; aux partenaires techniques et financiers, pour rejoindre cette dynamique panafricaniste et souverainiste.
 
Le FDMI est appelé à devenir le levier d’un Sénégal souverain, prospère et solidaire, où la finance éthique soutient la création de richesse et la dignité du travail.
 
Le lancement du FDMI symbolise une nouvelle étape dans la construction d’un modèle économique sénégalais fondé sur la solidarité, l’éthique et la performance.

Le Sénégal de 2050 se bâtit dès aujourd’hui — par la microfinance islamique, par la rigueur budgétaire, et par la foi en une économie au service de l’humain.
 
 
 


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